Dans les campagnes wallonnes, le cadre de vie reste paisible en apparence, mais se dégrade sous l’effet de profondes mutations. La disparition des services de proximité fragilise des droits fondamentaux comme l’accès aux soins, à l’éducation et à la mobilité. Les habitants doivent parcourir de longues distances pour se soigner ou se former, ce qui accentue les inégalités territoriales. Les liens sociaux, autrefois solides, se délitent avec la fermeture des cafés, écoles et commerces, lieux essentiels de rencontre. Cette évolution entraîne une forme d’isolement et affaiblit la solidarité locale, pourtant au cœur de la vie rurale. Parallèlement, le sentiment d’une perte d’identité collective grandit, avec l’effacement progressif des traditions et repères communs.
Ainsi, au-delà du cadre de vie, c’est une érosion des droits et du vivre-ensemble qui touche aujourd’hui le monde rural wallon. Bien que des politiques publiques soient mises en place, ces réalités restent présentes à l’échelle locale.
Face à ce constat, il est urgent de recréer un sentiment d’appartenance au sein des territoires ruraux, de structurer des réseaux d’acteurs pouvant aider à son désenclavement et garantir le droit des citoyens à leur liberté d’association afin qu’ils soient acteurs et actrices de l’amélioration de leur cadre de vie et de la construction d’une identité commune. De ces constats, il faut passer l’action, une action concrète sur le terrain, en travaillant directement avec les habitant.es, seul.es capables d’interroger profondément les causes de la réalité actuelle du monde rural et d’engager des actes transformateurs.
Au travers de l’Éducation permanente et des subsides alloués par la Fédération Wallonie-Bruxelles, Qualité-Village-Wallonie travaille à promouvoir le droit d’association pour mener des actions directes au profit de ruralités, construites par et pour les habitant.es.
Il est important de rappeler que Qualité-Village-Wallonie est reconnue dans le cadre de l’Éducation permanente, une réalité qui n’est pas assez mise en exergue. Or, ce dispositif de financement soutient une part non négligeable de ses actions, ce qui rend pertinent de partager son fonctionnement.
Au-delà de l’aspect financier, l’Éducation permanente représente surtout une démarche émancipatrice, portée par des fondements théoriques progressistes, un réseau d’acteurs diversifiés et une grande richesse de pratiques et d’expériences.
À travers ses initiatives, Qualité-Village-Wallonie souhaite partager ces dynamiques avec ses volontaires et partenaires, afin de nourrir la réflexion collective et faire émerger de nouveaux projets au service des villages wallons.
L’Éducation permanente chez QVW, concrètement, c’est quoi ?
L’Éducation permanente est un processus structuré en 4 axes qui déterminent des niveaux de reconnaissances différents :
Pour Qualité-Village-Wallonie, sa méthodologie de travail et ses actions sont reconnues en AXE 1.
Les associations en AXE 1 s’attèlent à travailler à « la participation, l’éducation et la formation citoyenne ». Chez Qualité-Village-Wallonie, cela se concrétise par la mise en place d’activités réalisées avec les citoyens et la création de comités d’actions locaux ayant la volonté de prendre en main leur cadre de vie.
Le fameux Voir-Juger-Agir, un processus au cœur de l’action de QVW
L’Éducation permanente peut se résumer un trois mots simples : Voir, Juger, Agir.
1) VOIR : On veut ici poser un constat : « Qu’est-ce qui fait notre ruralité ? Quels sont les problématiques que l’on rencontre en tant qu’habitant.es ? Quels sont les causes des problématiques rencontrés ? Comment cela nous impacte-il ? ». L’objectif est de véritablement mettre des mots sur une réalité, comprendre celle des autres et arriver à une constat commun sur un territoire ciblé.
2) JUGER : On veut ici établir un positionnement par rapport aux constats posés lors de la première étape. « Quels sont nos leviers d’actions ? Qu’est-ce qui nous pousse à vouloir intervenir ? Quels sont les changements attendus ? » . L’objectif est de juger collectivement une situation. Cette étape permet de permet d’appréhender les tenants et aboutissants d’une situation et de se positionner.
3) AGIR: On veut ici se mettre en action. Cette action découle des réflexions mise en œuvre lors du VOIR et du JUGER. « Que fait-on concrètement ?, Comment organisons-nous nos moyens d’actions ? » L’objectif est de poser des actes concrets et transformateurs sur réalité inconvenante.
Avec les comités qu’elle accompagne Qualité-Village-Wallonie accompagne cette démarche à l’échelon local. Les coordinateur.rices sont les garant⋅es de cette méthodologie et permettent aux bénévoles de se structurer, de systématiser leurs expériences et de concrétiser leurs actions. L’autonomisation étant le maître mot !
Pour aller plus loin :
Qualité-Village-Wallonie association sans but lucratif
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